À propos

BIENVENUE !

MON PARCOURS EN BREF…

Mon parcours en bref…c’est compliqué. Quelques mots ne suffisent pas pour vous faire part de ce chemin un peu hors norme. Il a été jalonné depuis mes débuts de belles rencontres, d’opportunités, d’aventures imprévues, de nombreux événements décisifs qui ont influencé mes choix et ma destinée, et qui m’ont beaucoup apporté et appris. Une bonne dose de chance aussi et beaucoup de joies. Mais n’oublions pas les obstacles, les difficultés…et pour tout surpasser,…toujours beaucoup de travail et de ténacité. Car après tout, le don, la chance ne suffisent pas. Mais avant toute chose, ma carrière musicale a été toujours guidée par mon amour pour la musique, pour cet univers extraordinaire des sons, des harmonies, des couleurs sonores… et l’espoir profond d’essayer de rester toujours sincère et objective vis-à-vis de mes envies.

Après avoir étudié le piano aux Conservatoires de Cannes et de Nice, et après avoir aussi, au passage, commencé à composer et avoir été éditée très tôt (environ 2 ans après mes débuts pianistiques), le destin et de belles rencontres m'ont amenée à partir étudier à l'étranger dès mes 14 ans. Commence alors une vie musicale riche et trépidante à Mannheim en Allemagne puis en Finlande ; des études approfondies aux Conservatoires auprès de mes professeurs, mais aussi en dehors auprès de grands Maîtres et concertistes tels que Nikita Magaloff, Jacques Rouvier, Pascal Devoyon... qui m 'ont accompagnée tout au long de mon apprentissage. Des années studieuses, entrecoupées de beaucoup de voyages et concerts en France et en Europe et aussi de Concours Nationaux et Internationaux où j'ai gagné les 1ers Prix (dont aux Concours Steinway & Sons Hamburg - Allemagne ; World Piano Competition Cincinatti - USA ; 1er Prix Spécial Mozart à Stuttgart - Allemagne...).

Puis de retour en France, une fois mes Prix de piano et de Musique de Chambre en poche, et après avoir bénéficié des précieux conseils d'Isabelle Dubuis, professeur assistante au CNSM de Paris, puis encore des cours avec Marie-Paule Siruguet, professeur à Boulogne-Billancourt, j'ai obtenu mon Diplôme D'Etat de Professeur de Piano, suite à la formation au Cefedem d'Ile-de-France de Rueil-Malmaison.

Je mène depuis de front ma carrière de pianiste, accompagnatrice, compositrice et pédagogue avec toujours autant de passion et d'envie.

Des années bien remplies, de nombreuses tournées en soliste puis en duo avec la violoniste Marie Cantagrill, avec qui j'ai enregistré deux albums salués et soutenus par les critiques (The Strad Magazine, Le monde de la musique, Alain Duault sur RTL, Classica Répertoire, ...), en France et en Europe  ; de nombreuses collaborations sur des projets musicaux exceptionnels dont la création du "Concours International de Violon Marie Cantagrill", la direction artistique sur des enregistrements d'Albums avec le Label ABP Musique Classique, la prise en charge de la communication pour l'Orchestre de Chambre d'Ariège, l'accompagnement de nombreux stages et masterclass, la création aussi de nombreux stages et supports pédagogiques...et puis aussi près de 20 ans d'enseignement et accompagnements en Conservatoires, Ecoles de Musique à Paris et en région parisienne puis aujourd'hui sur Toulouse et en Occitanie (Académie de Piano du Busca, Théâtre Centre Culturel des Mazades, Stages en Ariège...).

Une vie musicale riche et variée qui me ressemble et surtout beaucoup de nouveaux projets encore à venir, beaucoup de compositions en préparation, de grandes envies et de grands projets pédagogiques en travail, de belles collaborations artistiques et pluriculturelles en développement...et la création de nouvelles œuvres en 1ère Mondiale cette année encore, avec notamment une présentation de mes pièces et la Première de ma pièce pour piano "Fantasia do renascer" le 8 mars 2018 à l'INSA de Toulouse à l'occasion de leur grand projet et concert pour la Journée de la femme, autour des femmes compositrices.

Pour le reste...restez connectés et vous vivrez tout en direct avec moi ici ! 😉

A suivre donc!

Quant aux plus curieux et aux plus courageux ;), cliquez sur les onglets ci-dessous, si vous voulez accéder aux infos plus détaillées qui vous plongeront au cœur des étapes de ma vie musicale depuis mes débuts.

Voici, en quelques points, les étapes importantes de mon parcours.

Mes débuts

Début piano Cannes

Bien que mon parcours musical m’ait vite éloigné de ma région de naissance, je suis originaire de la Côte d’Azur. Je suis ce que l’on pourrait appeler « une fille de Sud », née à Nice et ayant grandi sur Cannes et ses environs. Et ce fut dans les Conservatoires de ces deux villes que mon parcours musical a vraiment commencé.

Mais pour revenir à mes tout débuts... on se demande souvent si tous les musiciens ont senti très tôt et spontanément l’envie d’être musicien…et, dans mon cas, de faire du piano.

Je pourrais romancer la chose en disant que j’ai entendu « l’appel » de la musique dès mon plus jeune âge, mais cela serait un mensonge et je pense qu’il est plus important pour tous les jeunes qui aujourd’hui commencent à leur tour un instrument, mais aussi pour les parents de ces jeunes, d’être rassurés sur le fait que…oui, on peut devenir professionnelle, vivre de la musique et être passionnée au plus haut point par son métier et son instrument, même si au tout début cela n’avait pas été un « appel », une « vocation » ressentie dès les premiers instants.

Mes parents étaient commerçants, artisans boulangers pâtissiers ; un milieu à priori très éloigné du monde de la musique classique. Mais ils étaient aussi ouverts et intéressés par tout dans la vie et ils souhaitaient me donner toutes les possibilités de m’épanouir à travers une passion ; me donner toutes les opportunités qu’eux-mêmes n’avaient pas forcément eues. Je ne les remercierai d’ailleurs jamais assez de m’avoir fait découvrir la musique, de m’avoir donné cette chance unique et de m’avoir poussée, soutenue, même quand le courage et la motivation semblaient manquer. C’est le plus beau cadeau qu’ils m’aient fait.

Premiers pas sur le clavier

Je me rappelle de ce jour, un Dimanche, où nous regardions « l’École des fans » à la télé…c’était une journée « spéciale Pianistes ». Et je me revois fascinée avec mes 8 ans, assise devant mon écran. Je n’avais  je crois jamais vraiment vu de pianistes avant, jamais vraiment écouté de musique classique. Mes parents m’ont alors demandé si je voudrais essayer d’apprendre à jouer du piano. Enthousiasmée, je dis oui, bien sûr ! Quelques mois plus tard ce fut le début de tout.

Mais à ce moment précis je ne savais pas encore que la musique serait ma vie. Mes premiers cours, je les ai pris avec une dame du quartier, Mme Roussel, dont le fils était directeur de Conservatoire. Et bien qu’elle n’ait pas été une grande pianiste reconnue, ni un professeur de Conservatoire elle-même, c’est elle qui m’a donné le goût, l’amour du piano et de la musique. J’adorais aller à ses cours. Et oui, la "pédagogie" cela peut s'apprendre…mais être pédagogue, un vrai pédagogue, je pense que c’est inné. Et Mme Roussel était une vraie pédagogue. Les débuts à l’instrument sont si importants. C’est grâce à elle que tout ce qui a suivi arriva.

Très vite, elle dit à mes parents que j’étais douée (pour ma part, je m’amusais beaucoup, je prenais beaucoup de plaisir au piano, mais j’aimais aussi le dessin que je pratiquais beaucoup…je ne pouvais me résoudre à arrêter l’une ou l’autre de ces passions). Finalement, la musique l’emporta. Mme Roussel me dirigea très rapidement vers le Conservatoire ; elle avait conscience que c'était ce qu'il me fallait pour pouvoir assurer un éventuel avenir professionnel. Quelques mois après me voilà donc en train d’auditionner devant Mme Mélani Bénédetti, ancienne élève du grand Nikita Magaloff, qui me prit alors dans sa classe à Cannes. Son enseignement rigoureux mais aussi ses encouragements et son envie de me faire découvrir le monde de l’interprétation, du toucher, des sonorités laisseront des traces à jamais dans ma recherche musicale. J'ai beaucoup appris avec elle et surtout j'ai pu consolider de bonnes bases ce qui est extrêmement important pour la suite. Et puis, c'est grâce à elle aussi que j’ai eu en plus la grande chance de rencontrer et de travailler régulièrement avec l’immense concertiste Nikita Magaloff lors de ses visites à Nice chez sa sœur. Des moments intenses et rares au piano avec non seulement un pianiste extraordinaire mais aussi surtout un grand homme si généreux et véritablement inspirant, qui ne cessait de m’encourager, de me soutenir à travers lettres de recommandations et autres conseils précieux.

C’est grâce à tout cela que mon amour pour la musique a continué à grandir et à se renforcer encore, en découvrant les possibilités expressives et techniques inouïes de mon instrument. Les couleurs, le son, le toucher, l’interprétation, la vision musicale et la compréhension des œuvres ... Un univers de merveilles sonores s’ouvraient à moi, à chaque pas, à chaque progrès que je faisais et c'est ainsi aussi que plus jamais le piano ne me quitta.

Débuts composition 

Plus je maîtrisais mon instrument et plus j’avais envie de m’exprimer grâce à lui. A l’époque, le compositeur que j’aimais jouer le plus était Mozart. La pureté de son écriture, l’énergie de sa musique, sa beauté simple et pourtant si profonde me parlait plus que toute autre. Et l’exploration des sonorités du piano, pour donner vie à sa musique, me remplissait de joie. C’était une vraie passion, une vraie découverte. Et c’est aussi cette passion pour Mozart qui me donna des ailes par la suite. J’avais alors environ 10, 11 ans quand je commençai à composer. Mes premiers essais furent comme tous les essais...plus ou moins réussis...mais rapidement la musique devenait plus claire, je commençais à mieux saisir ce langage nouveau...et je me mettais à créer de vraies pièces. Mon professeur m'encourageait sans retenues, ainsi que, très vite aussi, Philippe Bender, directeur du Conservatoire de Cannes et chef attitré de l’Orchestre de Cannes Provence Alpes Côte d’Azur, qui demanda à me voir et m'invita à composer un concerto pour piano orchestre. Ces multiples encouragements ont réveillé en moi une envie toujours plus grande de m’exprimer à travers ma propre musique.

Ce concerto pour piano et orchestre qu’il m’avait « commandé », ce fut un grand challenge pour moi qui n'avais encore jamais écrit pour orchestre... mais je l’ai composé finalement, juste avant le bicentenaire de la mort de Mozart, en 1991, souhaitant célébrer ce compositeur qui avait été une telle révélation pour moi. Avant cela mes premières pièces avaient ouvert la voie : des petites pièces pour piano principalement, puis une marche nuptiale pour orgue composée pour le mariage de mon frère et jouée par un de mes futurs professeurs, le grand compositeur, Prix de Rome et organiste Pierre-Philippe Bauzin… ; et enfin aussi une petite pièce pour piano seule composée à 12 ans (Petite Sérénade à Luisenpark, que j’avais composée pour un Concours musical entre ma ville et sa ville jumelée allemande « Königstein » où je gagnai le 1er Prix Europe Jeunes) qui attira l’attention de Monsieur André Lemoine, directeur des grandes éditions Lemoine, qui décida alors de l’éditer.  Quel grand honneur ce fut pour moi ! Quel bonheur inattendu ! Un peu comme pour le reste, je n’avais pas véritablement cherché ce qui m'arrivait,…moi, je composais car j’aimais cela. A 13 ans, loin de moi l’idée que ma pièce puisse être éditée. Mais elle le fut et ce fut un honneur et une joie incomparables. Et quelle surprise supplémentaire ce fut quand André Lemoine me dit alors que j’étais la plus jeune française à avoir été éditée jusque-là. Je n’en croyais pas mes oreilles. C’était juste incroyable.

Quelle joie ce fut là aussi, lorsqu’un peu plus tard à peine, cette même composition fut remarquée et programmée en pièce imposée aux Concours Bellan et Gil Graven : un immense cadeau pour moi et pour mes parents.

C’est également à cette époque que je donnai mes premiers récitals. J'avais déjà joué des pièces du répertoire en concerts mais là je commençais également mes premiers récitals consacrés à mes pièces et ce fut une grande émotion. Des concerts devant des publics chaleureux qui furent, pour ma grande joie, une belle réussite et qui devinrent de vrais rendez-vous puisque j’étais réinvitée à jouer chaque année dans certaines salles par certains organisateurs comme par exemple le Cercle Musical de Cannes. J’eus aussi la chance d’obtenir le soutien du Rotary, du Lions et des médias, dont celui de Mme Aurore Busser, journaliste spécialiste de la culture à Cannes ou encore du journaliste Bernard Vadon qui me proposa même de composer une chanson pour la lutte contre le Sida avec lui. Je me mis à faire la musique et il écrivit les paroles. Encore une belle et nouvelle aventure musicale que je n’attendais pas mais qui me permit de m’essayer à d’autres styles. Une très belle expérience !

Enfin, me voilà donc à 13 ans avec ma carte de membre de la SACEM, ma première composition éditée chez Lemoine et jouée par des dizaines d’élèves en concours, et me voilà entourée de gens exceptionnels de tous côtés qui m’encourageaient à continuer à développer ma passion et qui travaillaient avec moi… Oui j’ai eu beaucoup de chance et je leur en serai toujours reconnaissante. C’est grâce à eux et bien sûr à mes parents, toujours derrière moi, toujours forts pour moi, que piano et composition devinrent ma vie.

Conservatoire Régional de Nice et Jacques Rouvier 

Motivée et lancée sur cette voie, je continuai l’apprentissage du piano et la découverte du monde de la composition en parallèle. C’est alors que j'ai rencontré Jacques Rouvier, professeur au Conservatoire Supérieur de Paris et bien sûr concertiste renommé. Il me suivra d’ailleurs ensuite pendant plusieurs années. Avec lui j’ai beaucoup appris, beaucoup évolué. Et surtout lui aussi savait me motiver, m’encourageant à chacune de nos rencontres. Dès notre première rencontre il me donna confiance, pianistiquement mais aussi pour mon travail de composition qu’il suivait avec grande attention.  Il me demanda même de jouer mes pièces lors de ses auditions et stages, au milieu des autres pièces du répertoire. C’était un tel honneur pour moi. La motivation était de plus en plus grande.

Rapidement, il souhaita que je rentre dans sa classe au CNSM de Paris, mais j’étais encore trop jeune, il me  proposa alors de me suivre de manière régulière chez lui à Marseille, et me conseilla  aussi d’intégrer la classe d’Odile Poisson au Conservatoire de Nice afin qu’elle me prépare pour Paris le temps venu. Le départ de la classe de Mme Mélani à Cannes avait été difficile pour moi. Je m’étais fortement attachée et elle avait tant fait pour moi … ce ne fut donc pas aisément que je pris la route pour Nice…mais je me devais de partir pour pouvoir continuer le travail entamé avec Jacques Rouvier.

Me voilà donc maintenant au Conservatoire Régional de Nice où je continuai le travail de fond avec un professeur exigeant et de belles opportunités devant moi. Le travail était énorme et les semaines pas toujours faciles mais toujours soutenue par mes parents je continuai mon chemin musical. Parallèlement je me produisais aussi de plus en plus en concerts et récitals. Ces années-là représentent vraiment mes premiers rapports avec la scène, le public… Beaucoup d’émotions donc…Le trac et l’appréhension que je n’avais pas vraiment connus avant commençaient à arriver eux aussi... mais aussi surtout beaucoup de joies et d’euphorie à vivre tout cela. Et une vie artistique qui demandait quand même aussi beaucoup de sacrifices, de travail et de courage parfois pour la jeune adolescente que j'étais, une vie bien différente de celle de mes amis à l'école...mais qui apportait aussi tant de belles choses et qui préparait surtout mon avenir.  Heureusement là encore que mes parents et surtout ma mère veillaient ; je l'avoue, elle me poussait parfois, quand le courage manquait. Mais je dis heureusement!  Car l'envie de travailler n'est pas toujours là à cet âge là, les choses ne sont pas toujours simples mais oui...j'aurais tant regretté et tant manqué de choses si elle n'avait pas été forte pour nous deux parfois. Cette passion est devenue mon métier et ma vie...et aujourd'hui encore je me dis chaque jour que j'ai de la chance de faire de la musique.

Départ à l'étranger

L'Allemagne 

Comme pour la plupart de mes étapes dans la vie, le destin a à nouveau mis sur ma route une rencontre importante. Alors que je poursuivais mes études au Conservatoire de Nice et que je m’apprêtais à monter à Paris pour rentrer dans la classe de Jacques Rouvier, c’est par le plus grand des hasards que ma mère rencontra le fils du Directeur de la section Composition du Conservatoire de Mannheim en Allemagne.  Ils m’invitèrent à passer quelques jours chez eux à Francfort afin de le rencontrer. De suite ce qui me frappa dans ce beau pays ce fut la grande ouverture d’esprit et la bienveillance des professeurs et artistes allemands. Là-bas pas de véritable « fossé » entre l’élève et le professeur… tout paraissait si normal, si accessible…nous parlions de musique ensemble, le plus simplement du monde, un peu comme si je faisais partie de leur famille. Il me montrait au passage le clavecin qu’il venait de fabriquer de ses propres mains... C'était un véritable passionné. Pas par la gloire, pas pour avoir de la reconnaissance, pas pour la réussite de ses élèves, mais juste parce qu'il était passionné par la musique. Je me retrouvais complètement dans ce discours, cette vision, cette envie de vivre la musique de cette manière. Il m’a encouragé à composer toujours plus, malgré mon jeune âge, et surtout il m’a aussi proposé de rencontrer son collègue, Directeur de la section piano de Mannheim, Peter Eicher et professeur à la Musikhochschule de Karlsruhe, pensant qu'il pourrait m'apporter encore beaucoup. Cette rencontre changea tout. Tous les plans faits jusqu’à présent étaient d’un coup d’un seul voués à prendre un chemin différent de ce qui était prévu. Peter Eicher a été un professeur très important pour moi. Avec lui, j’ai approfondi l’interprétation, j’ai approfondi l’écoute, la compréhension des œuvres mais aussi surtout je me suis ouverte au monde et j'ai lâché prise. Mon amour pour le piano et pour la scène a beaucoup grandi sous ses conseils. Grâce à lui j’ai beaucoup joué, beaucoup voyagé aussi ! Il me faisait jouer dans divers pays d’Europe ainsi qu’aux Etats-Unis, il me faisait aussi participer à de nombreux stages et masterclasses. Je travaillai alors avec de grands concertistes de manière régulière, sans plus aucun stress ni pression...le plus naturellement du monde. C'est ainsi que j'ai pu profiter des conseils d'Aquiles Dellevigne, Vladimir Feltsman, Hui Ling Tawastjerna, et tant d'autres…Grâce à lui j’ai rencontré un nombre incroyable de talentueux musiciens, pianistes, élèves et professeurs de nombreux pays : des échanges incroyablement enrichissants, des amitiés aussi qui perdurent jusqu’à ce jour. Et grâce à lui également j’ai vécu d’inoubliables expériences en Concours et en musique de chambre. 

Cette rencontre a vraiment changé ma vie sur bien des aspects, et bien que j’aie sur le coup regretté bien entendu de ne pas pouvoir aller chez Jacques Rouvier à Paris, comme cela avait été planifié, et bien que ce départ à l'étranger, seule, sans ma famille, n'avait pas été simple, j’ai rapidement compris que mes parents et moi avions pris la bonne décision, tout au moins en ce qui concernait mon caractère et mon développement personnel, car la vie en Allemagne et l’enseignement que j’y ai reçu étaient vraiment en parfait accord avec mes besoins intérieurs.

Peter Eicher m’avait invité à revenir travailler avec lui pour plusieurs semaines pendant un été…juste comme ça, un peu comme pour participer à un long stage musical durant lequel je pourrais travailler avec lui chaque jour. Ces semaines de travail en commun furent tellement enrichissantes que lorsqu’il proposa à mes parents, à la fin de ce séjour, de me prendre dans sa classe dès la rentrée suivante, et malgré mes craintes de prendre une mauvaise décision, je dis oui rapidement. J’avais à peine 14 ans et j'étais d’une timidité maladive…Jamais, je peux vous assurer, je n’aurais pensé avant cela partir vivre loin de ma famille. Mais cette rencontre a vraiment tout changé. Quelque chose s’est ouvert et s’est libéré en moi. La suite nous aura bien donné raison finalement car avec mes années à l’étranger, la timidité, les peurs se sont enfuies et le sentiment de bien-être total est arrivé.

J’ai passé deux ans dans sa classe. Deux années merveilleuses remplies d’études, de stages, de masterclasses, de musique de chambre, de rencontres, de concerts mais aussi, comme je le mentionnais plus tôt, de nombreux Concours Nationaux et Internationaux. De superbes et inestimables expériences où j’ai eu le bonheur de gagner des 1ers Prix (aux Concours de International de Piano  Steinway & Sons - Hambourg (Allemagne), World Piano Competition - Cincinnati (U.S.A), Prix Spécial Mozart - Stuttgart (Allemagne),...) … Deux années qui m’ont  offert une nouvelle vision de la musique, du piano, de l’art.  Et quelle chance aussi que de découvrir la vie dans un autre pays, une autre culture, quelle chance que de voyager…que de s'ouvrir sur le monde. Que de choses l'on réalise alors!

La Finlande 

A vrai dire, la vie me semblait parfaite en Allemagne. Étant encore mineure, j’habitais dans une famille qui me traitait comme leur fille, gentils, ouverts, passionnants…, j'adorais ma vie là-bas avec eux et j’adorais mon travail avec Peter Eicher, mes expériences musicales, mes amis, mon univers… En fait je serais bien restée en Allemagne si le destin n’avait pas mis sur ma route une nouvelle rencontre inattendue... celle avec le pianiste et Professeur russe Nikita Jushanin. Professeur au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, il enseignait aussi en Finlande, à Jyväskylä.

Et après un stage où il m’avait fait travailler, entre autre, la « Tempête » de Beethoven d’une manière si nouvelle et enthousiasmante, il décida peu de temps après de venir voir mes parents sur la Côte d’Azur pour leur demander en personne leur accord pour me prendre dans sa classe en Finlande.

Je me rappelle encore du moment où tout s'est décidé. J'étais alors en plein stage à Merano, je passais de grands moments à ce grand Festival de Musique, heureuse et épanouie...il me restait encore quelques jours de cours à faire...et là je reçois un appel de mes parents. Nikita était chez nous à Grasse avec eux, ainsi que son épouse. Ils étaient venus exprès pour voir si je pouvais venir étudier dans sa classe. Mes parents surpris mais aussi très heureux et fiers étaient partants...mais il me fallait rentrer précipitamment pour discuter des derniers points et surtout pour prendre une décision de manière définitive... Je quittais le stage...je ne m'attendais pas à tout cela cette fois encore...l'envie d'entrer dans sa classe et la tristesse à l'idée de quitter Mannheim, ma vie là-bas, mes amis...tout se mélangeait dans ma tête...Ce fut une transition d'ailleurs difficile pour moi car je n'étais pas du tout préparée à cette éventualité : tout est arrivé très rapidement. Après discussions et discussions...nous acceptions sa proposition. Nous étions fin Juillet...deux mois plus tard à peine je partais vivre en Finlande.

La Finlande ! Si j’avais pu penser qu’un jour que je vivrais et étudierais en Finlande ou dans un pays scandinave, avec sa nature extraordinaire, son univers féérique, mais aussi…ses – 30° ! Moi, fille du Sud…du soleil, de la mer, de la chaleur… L’Allemagne était déjà un pays du Nord pour moi, mais Mannheim et son climat tout à fait exceptionnel, plus proche de celui de la Côte d’Azur que de celui de Paris ne m’avait pas vraiment préparée au vrai nord… Alors, non, si on me l’avait dit, je ne l’aurais jamais cru. Et pourtant…me voilà maintenant, à presque 17 ans, en route pour ce pays incroyable, enneigé plus de 6 mois de l'année, avec son hiver interminable mais aussi sa nature époustouflante. Je m'installai et sans tarder les cours reprirent.
 

Nikita Jushanin m’a véritablement ouvert les portes de l’art et du métier de concertiste et a élargi ma propre vision musicale de manière considérable. Ses conseils techniques si précieux, l’héritage virtuose et musical de l’école russe et cette idée unique et grandiose de l’art et des artistes qui règne dans ce grand pays musical a tout porté à une autre échelle pour moi.  En cours, il ne donnait pas de « cours de piano », il parlait de musique comme personne ne l’avait encore jamais fait. Il réinventait les œuvres en les expliquant de l’intérieur, chaque élément musical prenait vie...Tout était beau, important...  Il savait susciter l’envie de faire mieux, de travailler plus, d’atteindre des résultats jamais atteints avant.  La technique n’était jamais éloignée de l’idée musicale, elle n’est après tout qu’un outil qu’il faut forger le mieux possible pour pouvoir exprimer le plus justement possible ce que l’on veut ensuite exprimer. Un monde de possibilités de sons, de modes de jeux, tant de nouveautés s’ouvraient à moi. La maîtrise de la scène, cet art subtil, ce jeu avec le public, la mise en scène parfois, le contrôle de chaque aspect de la vie d’un artiste en tournée, d’une pièce selon l’endroit où on la joue, selon l’acoustique, selon beaucoup de paramètres qui m’étaient jusqu’alors étrangers…Et puis cette rigueur, ce soucis du plus petit détail car c’est en réalité dans le détail que se trouve le sublime…Nikita me le montra. Je n’étais plus une pianiste étudiante seulement mais vraiment une concertiste dans l’esprit, dans l’envie et dans la préparation plus que jamais. Je me servis de tous ses conseils lors des concerts auxquels il me fit participer...et je m'en sers encore aujourd'hui. Après tout, on n'apprend jamais mieux qu'en faisant et en mettant en pratique.

Aussi, moi qui avais beaucoup souffert au début, lors de mon départ d’Allemagne, d’avoir à nouveau à tout laisser derrière moi, d'avoir perdu cette vie qui me plaisait tant et ces amis qui étaient devenus ma seconde famille... je me laissais petit à petit conquérir, non seulement par ce nouvel apprentissage du piano, par cette vision passionnante de la musique, mais aussi par le pays lui-même, par les gens ; j’y trouvais de merveilleux amis, j’appréciais plus que tout la vision de ce peuple humble, d'une profonde gentillesse et si courageux, la mentalité de gens de grande valeur… J’ai compris rapidement que dans les pays du Nord aussi il y a de la chaleur, du soleil…  on les trouve dans les rapports humains, dans l’authenticité des relations, dans la sincérité. Ce fut là encore une autre révélation. Que ce soit du côté de mon apprentissage musical ou de mon développement personnel…ces trois années intenses et extraordinaires m’ont permis de me trouver complètement.

Concours Nationaux et Internationaux

Vous l’avez compris, c’est donc pendant mes années à l’étranger que toutes mes grandes expériences de Concours ont eu lieu. J’ai eu la chance (et j’ai quand même aussi sûrement  profité beaucoup de l’énorme somme de travail que je fournissais à l’époque… entre 6 à 12h de piano par jour à  certains moments, quand je devais concilier plusieurs programmes différents ensemble…Cela compte tout de même aussi ;-)) de ne gagner que des 1ers Prix à tous les Concours Nationaux et Internationaux auxquels j’ai participé, sauf une fois un 2ème Prix à un Concours International de piano à Sarrebourg et aussi un 2ème Prix à un Concours de Musique de Chambre en Allemagne. Alors bien sûr, cela aide pour garder de bons et beaux souvenirs. Mais pour tous ceux qui peuvent se demander comment cela se passe vraiment, comment on vit ça, si c’est difficile de se confronter à des musiciens venant d’un peu partout, de grandes écoles et conservatoires d’Europe, de Russie ou des USA… la réponse est oui, c’est bien sûr difficile et stressant, et cela demande un très gros travail à l’instrument mais  aussi une préparation mentale adéquate. Mais je peux en tout cas vous dire, même si bien sûr ce n’est que mon ressenti personnel et qu’il ne peut en aucun cas être une vérité absolue pour tous, que pour moi participer à tous ces concours a été une expérience exceptionnelle et merveilleuse. Et je ne parle pas de l’instant où l’on a annoncé les résultats, mais déjà de la participation elle-même. Je n’en ai gardé que de bonnes et belles choses et j’en ai tiré surtout une expérience irremplaçable et tellement enrichissante quant à la gestion du stress, l’art de la scène, la recherche de la perfection dans le travail, la préparation solide et l’apprentissage efficace et rapide des œuvres, l’art du rodage, l’art de changer rapidement de style et d’univers dans des programmes complets et divers… Il s’agit d’une préparation extraordinaire pour ceux qui veulent ensuite jouer en concerts. Même si finalement jouer devant un jury de professionnels n’est pas tout à fait pareil que jouer devant un public, la préparation, elle, est identique.

Jouer devant un jury, devant des professionnels, c’était pour moi toutefois presque un peu moins stressant que jouer devant un public « normal »…Avant d’avoir essayé, on se dit toujours qu’ils vont être plus intraitables, plus rigoureux, moins tolérants avec les fautes, les problèmes…qu’ils ne vont « rien laisser passer », qu’on risque tellement…mais au final, qui du public « normal » et des professionnels peut vraiment comprendre exactement ce que vous vivez, qui peut comprendre véritablement les effets du stress et voir en détail comment vous réussissez à gérer l’ensemble de votre prestation et qui peut même comprendre que certaines choses soient un peu moins parfaites que de normal ? Qui peut comprendre le mieux quels sont les vraies difficultés d’un passage, quelles sont les prouesses techniques et musicales parfois que vous réussissez à passer dans des endroits parfois si peu « évidents à déceler » pour les moins connaisseurs…Qui peut le mieux se rendre compte qu’une faute était accidentelle ou bien qu’il s’agissait à l’évidence d’un vrai problème récurrent ?...Qui peut se rendre compte de tout ce que l’on peut encore donner, de tout ce que l’on a en soi, du potentiel de chacun ? Le professionnel ! Alors bien sûr, parfois, comme dans tous les métiers, on peut tomber sur des professionnels, sur des jurys moins « idéaux » que d’autres, moins justes, ou moins ouverts…mais après tout le public lui aussi peut être parfois « impitoyable » à sa manière. Pour le public, peu importent toutes les considérations que j’ai évoquées avant, elles ne comptent pas vraiment car il n’a pas toujours même conscience et n’a pas nécessairement de références qui lui permettent de mesurer ces différentes choses. Le public lui, il veut être touché...ému…épaté parfois…subjugué…emporté…il veut oublier toutes les considérations donc je parlais. Il veut oublier que c’est dur.  Pour lui, le trac « n’existe » pas vraiment, il est « virtuel », et donc pas vraiment « une excuse possible » pour un passage fébrile ;  pour lui la prouesse technique et musicale réussie mais qui n’est pas aisément détectable par le plus grand nombre n’a que peu d’importance puisqu’il ne mesure pas la difficulté de la chose (combien s’émerveilleront parfois plus d’un glissando réalisé avec beaucoup de panache ou d’une série d’arpèges rapides que d’un passage polyphonique diablement compliqué à réussir,…!) et pour lui, le « potentiel » de l’interprète ne pèse pas tant que ça, le plus important reste « le moment présent », réussi ou raté…Cette minute de votre vie où bien des choses ont pu vous faire perdre quelques secondes la concentration et ne vous ont pas permis de réussir votre passage comme vous savez le faire et vous le faites habituellement. Comment le public pourrait-il savoir que « d’habitude… c’est super bien ! » ? Alors oui, sur tous ces paramètres, jouer devant un jury de professionnels a quelque chose peut-être d’un peu plus rassurant. C’est en tout cas avec cette pensée que j’ai vécu mes premières expériences de concours.

Mais plus tard, au final, rien ne remplace bien sûr le bonheur de jouer devant LE public. Et qu’"ils" s’y connaissent, qu’"ils" ne s’y connaissent pas du tout, peu nous importe. Quelle joie que de partager un moment unique à chaque fois avec chacune des personnes assises dans une salle de concert. Le trac peut être parfois grand, même plus grand que pour un concours comme je le disais, mais au final, l’écoute d’un « vrai public », ce « silence bien attentionné » et parfois bouleversant, ces moments où le temps semble s’arrêter, comme si l’on vivait tous ensemble une émotion palpable et partagée…rien ne remplace cela. Jouer devant un public, cela nous ramène à l’essentiel. La beauté des émotions que la musique suscite… Et pour nous interprètes, à une plus grande liberté d’expression à une communion plus grande avec l’auditoire.

Pour toutes ces raisons, j’ai adoré participer à tous ces concours. C’est vraiment très formateur. Le premier apprentissage, le passage devant les professionnels, nous forme de la meilleure des manières et nous prépare au second…au passage devant le public, puisque les gagnants rejouent habituellement ensuite en concert.

Parlons maintenant de l’état d’esprit pour bien vivre une participation à un Concours. Vous dire que l’on va à un concours sans espoir de gagner serait un mensonge. Bien sûr que tout le monde a envie de croire que c’est possible, tout le monde l’espère. Tous les candidats travaillent beaucoup et font généralement de leur mieux pour se préparer…Des semaines, des mois de préparation parfois pour tout jouer l’instant de quelques minutes. Alors oui, bien sûr que l’on espère que tout se passera le mieux du monde. Mais n’oublions jamais qu’à côté des choses totalement objectives que l’on peut noter quand on est un jury, il y en a aussi beaucoup d’autres qui, elles, sont totalement subjectives. Après tout, là aussi…ou on aime et on est touché…ou on n’aime pas et on n’est pas touché... Il faut donc savoir garder en tête, lorsque l’on est jeune candidat, que le subjectif peut parfois l’emporter sur l’objectif et ne pas laisser cela nous décourager ou nous détruire moralement. N’oubliez pas, le but final reste …de toucher et de gagner le public en concert ! Et là tout peut être alors très différent parfois. En tout cas, le temps d’un concours il est parfois difficile de prendre assez de distance et de se rappeler de cela. L’investissement temps et émotionnel et le travail que l’on a mis dans une préparation de concours et dans une performance sont tels qu’il est compliqué d’accepter que l’on n’a pas réussi à toucher tout le monde.  Et puis parfois aussi, disons-le, tous les concours ne sont pas totalement justes. Comme dans la "vraie vie", beaucoup de paramètres peuvent intervenir.

En ce qui me concerne, j’ai eu la chance de participer à tous ces concours un peu « malgré moi », car je n’avais à aucun moment pensé le faire auparavant, et je n’avais même pas vraiment idée de ce que cela représentait. J’avais 14-15 ans mais j’étais encore très jeune dans ma tête pour toutes ces considérations. J’y suis allée donc prête et motivée bien sûr, et aussi encouragée et remarquablement soutenue par mes professeurs, mais j’y suis allée en me disant que si je gagnais ce serait fabuleux mais que sinon c’était sûrement que je n’avais pas encore assez progressé dans mes études.  J’avais encore tant à apprendre. Sortir de France m'avait vite fait prendre conscience que beaucoup de gens jouaient très très bien dans le monde! Aussi, à chaque résultat positif, ce fut une joie incomparable pour moi. Et je ne remercierai jamais assez mon entourage et mes professeurs de l’époque de m’avoir permis de garder cette fraîcheur. Je me sentais protégée et heureuse. C’était l’essentiel. Le reste ne fut que de merveilleux cadeaux en plus.

Pour en finir avec ce chapitre de ma vie, tous ces souvenirs de Concours sont à jamais gravés dans ma mémoire et restent parmi mes plus beaux souvenirs musicaux car  ils m’ont en plus aussi permis de jouer très jeune dans de magnifiques salles et sur des pianos sublimes, comme dans la grande salle de concert de Hambourg, pour le Concours Steinway.  Jouer avec, sous ses doigts, des instruments d’une telle qualité de réglages…quel rêve pour l’adolescente que j’étais ! Tant de belles salles, tant de belles rencontres avec d’autres candidats si talentueux, tant de belles rencontres aussi avec les familles d’accueil et les organisateurs (certains sont même devenus mes amis et le sont encore aujourd’hui) ; tant de bons conseils prodigués par des grands professeurs, des concertistes renommés qui se trouvaient dans les jurys ; tant de bons moments pour la préparation de tout ça avec mes professeurs et mon entourage…Au final, le stress n’a pas fait le poids. Il a été effacé de ma mémoire, lui. Mon seul regret, ne pas avoir pu retourner jouer à Carnegie Hall, comme je devais le faire, après mon 1er Prix au World Piano Competition, pour des raisons familiales. Mais sinon, oui …que de superbes et inestimables expériences !

Compositions

J’ai déjà évoqué mes débuts dans la composition dans un autre chapitre. Je ne vais donc pas revenir dessus ici. Mais j'ai envie de repréciser ce qui m’a toujours poussé à composer.  Quel est ce besoin que je ressens, finalement plutôt rare, puisque la plupart des instrumentistes ne le ressentent pas du tout? 

Au-delà de ma « rencontre » avec Mozart et de mon amour pour sa musique, je crois que ce qui m’a toujours attiré, et ce, dès le départ, était de « comprendre » comment on pouvait arriver à composer. Comment peut-on arriver à créer ? Par quels moyens ? 

La plupart du temps, les gens me disent qu’ils pensent que cela vient juste « comme ça »… Probablement pensent-ils ça à cause de « l’image que l’on a d’un génie » (comme Mozart) à qui l’inspiration vient et qui met sur le papier ses idées géniales sans même avoir à y retoucher. (Et pourtant, aussi génial que Mozart ait été, croyez-moi...il a beaucoup travaillé lui aussi...le don ne fait pas tout!) Mais composer, même si cela demande bien sûr un certain don, c’est aussi un vrai et grand travail. Un vrai métier même. Bien sûr, certains ont plus de facilités que d’autres (mais cela est vrai dans tous les domaines, n'est-ce pas?) et nous n’avons pas tous les mêmes méthodes, les même visions de la musique, les mêmes connaissances, les même envies, les mêmes choses à « dire » en musique, et aussi nous n’avons pas tous les « mêmes » outils pour dire ces choses.

C’est là le plus intéressant je trouve…les « outils » utilisés pour composer. Quand je parle d’outils, je ne parle pas de logiciels (même si aujourd’hui ils sont devenus aussi partie intégrante du travail de beaucoup de compositeurs, dont je fais partie), non, dans ce cas précis, quand je parle « d’outils », je parle des outils compositionnels qui nous permettent de comprendre le langage musical, qui nous permettent de voir comment une œuvre peut se construire et comment traduire nos pensées par des moyens musicaux.

Ces outils-là, ils restent souvent impénétrables pour beaucoup.  Et pour les maîtriser il faut je crois plus que des cours. Il faut avoir surtout une immense envie de chercher en profondeur. Alors chercher où ? A travers des cours, nous en parlions juste avant..oui...! Dans des livres, grâce à des vidéos, des tutoriels... (aujourd’hui, là aussi il y a bien plus de ressources que dans mon enfance)…oui…! Cela peut amener certaines réponses, c’est vrai!  Mais pour moi, le plus important n’est pas d’utiliser exclusivement ces outils-là. Moi, j’ai toujours été passionnée par l’envie de comprendre vraiment comment les grands compositeurs avaient fait, eux, pour construire leurs morceaux. J'avais envie d'arriver à décrypter leur univers, leur langage, leurs constructions musicales à eux. Et oui vous lisez bien, il s’agit de construction, de bâtir un discours, développer des idées, utiliser tous les moyens musicaux possibles pour « raconter quelque chose » de manière directe ou indirecte. Pour moi composer c’est tout d’abord avoir quelque chose à dire, à raconter, puis trouver comment le faire. 

Quelle merveille que ce moment où tout d’un coup certains éléments venus par inspiration puis que l’on a retravaillés, que l’on a habillés, que l’on a structurés …finissent par donner vie au discours et donner vie au message initial. C’est un moment quasi magique, ce moment où, d’un coup (mais après beaucoup de travail, ne l’oublions pas), vous avez créé une pièce et vous racontez une nouvelle histoire de manière musicalement intelligible. C’est tellement personnel. Quand on est interprète, l’instrument est déjà notre confident, mais quand je compose, alors là, le morceau, les instruments…tout devient moyen d’expression…ce moment précis, quand ma musique prend vie, c’est je crois le moment et la sensation que je préfère de tout.

Je l’ai toujours dit, pour moi composer est quelque chose de très intime et de très égoïste en fait. Je compose d’abord pour moi.  Et même lorsque j’ai une commande, bien sûr je veux « coller » au mieux aux demandes et aux critères que l’on m’a demandés, mais il y a toujours une telle part de moi que là aussi…c’est au départ une réelle joie égoïste pour moi.  Puis arrive le moment où ma pièce ne m’appartient plus que partiellement. Elle est jouée, présentée aux autres…Et c’est alors seulement que mon univers s’ouvre aux autres, que mon histoire, cette histoire que j’ai créée si égoïstement au départ, je la partage et je la leur soumets humblement. Certains aiment, d’autres peuvent ne pas aimer. C’est toujours le même et éternel danger dans tout art. Mais en tout cas, chaque œuvre que je créé est authentique,  sincère et représente un peu de moi d’une manière ou d’une autre.

Au fil des années, j’ai composé pour le piano, pour le violon, pour musique de chambre, pour orchestre et solistes, pour orgues même à mes tout débuts (une marche nuptiale pour le mariage de mon frère), pour orchestre seul,... et je me suis aussi essayée à des styles divers et variés comme dans ma jeunesse aux chansons, comme plus tard à des musiques instrumentales destinées à être utilisées avec des supports (bandes-originales, vidéo, films, ou autres…) et je me suis aussi découvert très jeune une véritable passion pour la musique de films, genre souvent trop peu considéré dans lequel il y a pourtant d’immenses talents de compositeurs. 

Ma toute première expérience dans la composition pour « musique de films », je l’ai vécue étant jeune. Je devais avoir environ 16 ans et ce fut pour un court métrage appelé « Chassé-Croisette ». 

Un jeune réalisateur de Cannes m’avait contactée car il cherchait un compositeur pour faire la musique pour le court-métrage qu’il était en train de faire et qu’il allait présenter à un Festival Cinématographique. Je me souviens de l’enthousiasme ressenti à cette nouvelle, mais aussi du stress…une inquiétude de ne pas savoir faire, de décevoir. C’était la toute première fois que j’allais composer pour une vraie commande, et là en plus, je devais suivre un scénario et un minutage très précis. Cet exercice était tout nouveau pour moi. Je devais arriver à fondre mon monde avec le sien. Que de pression, mais que d’envie aussi ! Je me revois, en train de lire le script…sans avoir d’abord vu les images…et je me lance…quelle aventure musicale incroyable ce fut. Et quelle « angoisse » quand il écouta enfin ma pièce finie…Je ne voulais bien sûr pas décevoir mais en même temps…j’avais vraiment fait de mon mieux alors, advienne que pourra! C’était oui ou non…Et ce fut oui ! Il avait aimé ma pièce. Je retravaillais quelques détails pour pouvoir enfin faire coller le tout à l’image, puis le tout était enregistré, bouclé et envoyé…Quelle joie ce fut en plus lorsqu’il me dit que le court métrage avait gagné un Prix !... Ce jour-là je me suis dit que si j’avais la chance plus tard de recommencer, je le ferais car j’avais réellement adoré cela ! Et bien sûr, la composition pour supports divers, pour publicités et pour musiques de films est toujours une de mes passions aujourd'hui.

Une autre passion, qui s’est elle présentée bien plus tard, il y a de cela à peine quelques années, est liée à mon amour de la pédagogie. Au fil de mes années d’enseignement, la pédagogie est devenue primordiale pour moi et l’envie de transmettre et d’aider les futures générations de pianistes ainsi que les amateurs et amoureux du piano ne m’a plus laissée. J’ai longtemps travaillé là-dessus uniquement à travers mon instrument et son enseignement. Mais depuis quelques années, une envie plus grande encore est née : celle de composer et de créer des supports pédagogiques pour les pianistes débutants et pour tous les musiciens, pianistes ou autres, même pour les tout petits (4 - 7 ans). C’est ainsi que j’ai commencé à composer des pièces pour piano solo pour débutants, puis pour 1er et 2ème Cycles de Conservatoires, ainsi que des 4 mains, des 6 et 8 mains (pour un et pour 2 pianos). En Juin 2017, le Conservatoire de Colomiers, m’a aussi demandé d’écrire 5 pièces pour 4 mains, 6 mains qui ont d’ailleurs été présentées, en même temps que plusieurs autres de mes compositions, lors d'une "Carte Blanche" qui m'était dédiée pendant leur Journées du Piano 2017. Je travaille depuis à compléter ce cycle de pièces pédagogiques, mais aussi à inclure d'autres supports pédagogiques complets, ludiques et variés destinés aux enfants. Un cycle de méthodes est en préparation, pour piano, violon, violoncelle pour l’instant…mais je l’espère pour beaucoup d’autres instruments encore bientôt. Des "Jeux et supports pédagogiques" sont eux aussi en préparation pour rendre « le solfège », qui fait si peur, accessible, facile et drôle pour tous. Un long et grand projet qui me tient vraiment à cœur.

Je continue aussi la composition d’œuvres sur commandes ou pour mon plaisir personnel. J'ai d’ailleurs également joué ma toute dernière pièce, composée en Décembre 2017, « Fantasia do renascer », en Première officielle le 8 Mars 2018 à l’INSA de Toulouse, aux côtés de plusieurs autres de mes compositions qui ont été, elles, interprétées par des étudiants de l’INSA lors de leur grand concert pour la Journée de la femme dédié cette année aux femmes compositrices (un concert proposé par la section Musique- Etudes de l’INSA, sous l’impulsion et la direction du chef Laurent Grégoire, et organisé et préparé par Nicolas Cardona, professeur au Conservatoire de Toulouse). Un grand plaisir pour moi.

Quant à mes autres projets à venir…une pièce pour violoncelle et piano est en cours d’écriture, une pièce pour trompette et un cycle de pièces brésiliennes pour piano sont également prévus. Beaucoup de projets passionnants sont par ailleurs en discussion... mais cela, c’est une autre histoire. Je vous reparlerai le moment venu. 😉

Masterclasses, Stages, Maîtres

Je profite de ce chapitre pour remercier tous mes professeurs et Maîtres passés. De Cannes à Paris, en passant par Nice, l’Allemagne, la Finlande et bien d'autres pays, j’ai eu la chance de travailler avec des pianistes concertistes réputés de si bons conseils. 

Je ne reparlerai pas longuement ici de mes professeurs "attitrés", je les ai déjà cités dans les autres chapitres concernant mes études ; mais je tiens à les remercier car ils ont joué, chacun à sa manière, un rôle si important et ont tant influencé mon parcours. 

Par contre, je souhaite prendre un instant pour reparler de celui dont je n’ai que peu parlé je crois, et à qui je voudrais vraiment rendre hommage. Il n'a pas été mon professeur de piano…mais il fut tout aussi important puisqu'il a été, même si brièvement, mon seul professeur de composition durant mon enfance…Monsieur Pierre-Philippe Bauzin. 

Ce grand homme, grand organiste et grand compositeur (Prix de Rome), était surtout un homme d’une générosité et d’une gentillesse incroyables. Il fut le seul qui, malgré mon très jeune âge, avait accepté de me donner quelques cours de composition. Je n’avais alors que 12, 13 ans…et comme il était très occupé je ne le voyais que de manière irrégulière mais chacune de ses leçons, chacun de ces moments m’a beaucoup appris. Alors qu’à l’époque on ne m’acceptait pas encore en classe d’écriture au Conservatoire, car j’étais trop jeune (quelle drôle d’idée…comme si quelques siècles auparavant les compositeurs avaient attendu 16 ans pour pouvoir commencer leur apprentissage !), il fut le seul à vraiment vouloir m’aider à développer ma passion et m’apporter quelques clés essentielles sans me dire « d’attendre ». Et surtout, ce grand Monsieur, qui avait tant accompli, qui était reconnu dans son domaine par les plus grands, savait me motiver encore plus et me parler musique avec tant de chaleur et de joie…C'était plus qu’un cours pour moi. Il était devenu un ami de la famille, quelqu’un qui ne comptait pas ses heures et dont la passion était contagieuse. Je lui dois beaucoup et, même s’il nous a malheureusement quittés aujourd’hui, je le remercie du fond du cœur.

En plus de mes chers professeurs aux Conservatoires puis plus tard au Cefedem et en Tutorat, j’ai eu la chance de travailler régulièrement en cours privés, en Masterclasses ou en stages avec beaucoup de grands pianistes, de grands concertistes tels que Nikita Magaloff bien sûr, Jacques Rouvier, Pascal Devoyon, Isabelle Dubuis…mais aussi Aquiles Dellevigne, Vladimir Feltsman, Hui Ling Tawastjerna,..

N'oublions pas non plus, pour la composition, celui qui m'a non seulement acceptée en stage d'écriture un été, malgré là aussi mon jeune âge, mais surtout celui qui m'a ensuite conseillé et encouragée de longues années durant et qui m'a permis de vivre un rêve incroyable à 14 ans en faisant jouer en concert mon 1er Concerto pour piano par son Orchestre des Cadets d'Asnières...Monsieur Christian Manen, compositeur - Grand Prix de Rome lui aussi et professeur au CNSM de Paris. Ses conseils et son soutien ont été inestimables. 

Alors, merci à chacun d'eux. Leur apprentissage, leurs conseils et mes expériences à leur côté ont beaucoup compté pour moi et m'ont permis de me trouver entièrement et totalement.

Merci à tous. Mon chemin n’aurait jamais été le même sans vous.

Concerts, Récitals en soliste

Je vous l’ai dit, mes tout premiers concerts datent de mon enfance. Cela faisait à peu près 3-4 ans que j’apprenais le piano à peine, que me voilà lancée sur scène pour des Récitals en soliste.  Les tout premiers, je m’en rappelle encore. Ma plus grande peur de l’époque…la longueur du programme. Je n’avais pas encore l’habitude de gérer autant de pièces les unes à la suite des autres…j’avais peur que ma concentration de tienne pas. Et puis, tout le monde autour de moi semblait tellement confiant et attendre tant de moi. Ce n’était pas simple à gérer pour la petite fille que j’étais. Je travaillais beaucoup et sérieusement, malgré certains moments où, comme tout le monde, la motivation tombait et où j’aurais préféré faire comme mes amis de l’école…et ne pas avoir à faire mon piano. Mais heureusement, et même si c’était difficile parfois à vivre à l’époque, mes parents, et surtout ma mère n’ont rien lâché et m’ont encouragée et poussée pour que je continue avec sérieux. 

Parfois, ce n’était pas le travail seulement qui me semblait lourd…parfois les « attentes » autour de moi me semblaient elles bien plus lourdes. La peur de décevoir ne me quittait pas pendant quelques années…Si bien que j’ai même eu envie d’arrêter le piano à un moment. Je me disais que tout redeviendrait « normal » ainsi ; que je ne me retrouverais plus jamais dans une situation où mes parents, mes professeurs que j’aimais et que j’admirais, et toutes ces personnes qui semblaient croire en moi et qui parlaient sans cesse de carrière de soliste, qui faisaient des grands plans pour moi…pourraient être déçus si jamais, par malheur venait un moment de faiblesse de mon côté pendant un concert, un examen ou autre prestation programmée. Je pensais qu’arrêter tout résoudrait mes problèmes. En fait, à aucun moment je n'ai voulu arrêter car je n’aimais pas le piano. Ce n'était pas le problème du tout ; tout semblait juste un peu trop compliqué à l'époque.  Mais lorsque j’annonçais mon envie d’arrêter, c’est bien sûr pourtant ce que ma mère a cru...que je n'aimais plus le piano. 

Comme tout enfant, je n’étais pas très claire sur mes envies, sur mes explications…sur mes doutes et problèmes…et là aussi, je savais que cette annonce allait amener une grande déception. 

Heureusement, et même si la discussion et les jours qui suivirent furent difficiles, là aussi elle ne lâcha pas.  Nous sommes alors allées en discuter avec professeurs, amis, et même Jacques Coquelin, accordeur de piano qui nous avait si bien conseillé depuis mes débuts. Tous disaient comme elle, que j’allais le regretter. Qu’il fallait s’accrocher… Je ne voulais pas l'entendre mais au fond je le savais bien.  L’accepter était toutefois plus dur ; cela revenait à accepter aussi toute la pression qui allait revenir avec cette décision. Mais bon, j’aimais le piano. Quand ils me demandaient si je n’aimais pas, je ne pouvais pas mentir. Ce qui me faisait peur, ce n’était pas le piano, pas la musique. Au contraire ! … Alors, d’un commun accord nous avons décidé d’oublier cet instant de doutes et de continuer. Et je peux vous dire qu’au final, ce fut le meilleur choix que j’ai fait. Comment ne pas le reconnaître alors que je ne peux envisager ma vie sans avoir fait de la musique ma passion, mon métier.  Alors, oui, étant enfant, certaines choses sont difficiles à vivre parfois, et puis parfois on se fait aussi beaucoup d’idées négatives ou on a la flemme…mais si on aime la musique, il faut s’accrocher. Tout cela passe  au final, ou en tout cas, tout cela devient habituel et gérable et ne gêne plus autant, jusqu’à être effacé par les innombrables bons côtés que l’on gagne à côté de cela.

 

J’ai alors repris le travail et les concerts. La pression était toujours là, mais chaque fois, tout se passait finalement très bien, comme pour me prouver qu’avec le travail on risquait moins que je le pensais tout de même. Et le public lui et sa réaction toujours si enthousiaste effaçait définitivement les derniers doutes.

 

Mes premiers Récitals solos furent au final une grande victoire pour moi. Je me revois me régaler en train de jouer « Warum » de Schumann, d’enchaîner sur la Sonate Pathétique de Beethoven…de me réjouir dans « Aufschwung », de déguster chaque note de la Fantaisie en ré mineur de Mozart… de m’éclater dans « Doctor Gradus ad Parnassum de Debussy », de savourer un Impromptu de Schubert,  de me faire parfois peur avec « La grande valse brillante » de Chopin qui était encore dure pour moi et mes petites mains…et de me surprendre en surpassant tous les problèmes au final, de voyager au cœur des sonorités du piano avec Pagodes de Debussy…

 

La peur de la déception était là avant…mais pendant, c’était autre chose. Tout semblait s’arrêter alors.

 

Puis très vite, j’ai eu la chance que l’on me demande aussi d’inclure des pièces de mes compositions. Ma Sonata Capriccio, ma « Petite Sérénade à Luisenpark », et bien d’autres…puis plus tard, comble de ma joie, l’on me demandait de jouer dans des Récitals centrés exclusivement sur mes compositions… C’est alors que je m’essayais aussi à la musique de chambre et écrivais une sonate pour violon et piano, ainsi qu’une Ballade, une Fantaisie, une Valse, une Romance (qui sera d’ailleurs éditée aux Editions Barcarolles)… Des concerts suivirent, avec tout d’abord mon ami Jorge Piedra au violon, puis plus tard avec mon amie et partenaire au Conservatoire, Marie Cantagrill.

A l'étranger je reprenais les Récitals seule, mais tout était alors différent. La pression n'était plus la même. Du Carnaval de Schumann aux Miroirs de Ravel en passant par la Waldstein et bien d'autres oeuvres. Je me régalais et me sentais soutenue comme jamais.

 

Mais revenons à me rencontre musicale avec la violoniste Marie Cantagrill.  Avec cette rencontre musicale est arrivée l’envie démesurée de découvrir le fabuleux répertoire pour violon piano. De nombreux concerts, des tournées en France et en Europe, puis des enregistrements avec deux albums avec Marie qui me sont très chers. Un long et beau voyage dans le monde du violon-piano qui me donnait envie d’accompagner toujours plus, de connaître plus d’instruments, de répertoire…Je commençais en même temps mes premiers postes de pianistes accompagnatrice et était comblée musicalement, même si la somme de travail en avait doublé. 

Et puis, ces concerts en duo, c'était un nouveau monde pour moi ; tout était différent alors. Jouer à deux, quel plaisir ! Et jouer avec une artiste de son talent incroyable, quelle joie inexplicable! Jusque-là la vie de pianiste soliste ça avait été pour moi beaucoup de solitude : on est seuls pour travailler pendant des heures, on est seuls dans les Récitals et après les Récitals, on est seuls pour voyager aussi bien des fois… Enfin, on est toujours entourés…mais pas vraiment… Tout cela n'était pas très en accord avec mon caractère...et cela était parfois difficile.

Alors ces concerts en duo ont tout changé pour moi. Je réalisais que je voulais continuer à jouer …mais plus seule. J’ai alors arrêté les Récitals solos, à part ceux qui étaient consacrés à mes compositions lorsqu’on me le demandait. Et je dois dire que je n’ai pas souffert de cet arrêt, au contraire. Je jouais encore plus qu’avant, mais quelle joie que de partager ces moments de travail et de joie aussi.

 

Puis l’enseignement a pris petit à petit plus de place dans mes journées, dans mes envies, dans mes projets, et la composition qui, aujourd’hui est revenue au premier plan pour moi, se charge d’occuper le reste du temps.  

Je continue bien sûr à jouer, à donner des concerts, principalement en tant qu’accompagnatrice ou encore et toujours pour jouer mes compositions, mais moins.

Parfois j’aimerais que les journées soient infiniment plus longues…J’ai tant de projets en tête, tant de choses que je dois et veux faire chaque jour, tant d’idées encore à réaliser. Mais la réalité me rappelle toutefois…Les journées ne sont pas illimitées. Il faut choisir. Alors je jongle avec mes différentes casquettes musicales. J’avance dans mes projets pas à pas et j’ai en tout cas toujours l’immense plaisir de pouvoir me dire que, selon mes envies et selon les propositions et projets, j’ai toutes ces magnifiques choix et options pour pouvoir m’exprimer artistiquement. Quel luxe et quel bonheur ! 

Je fais selon mes envies, mes besoins, mes coup de cœurs, mes possibilités… C’est ainsi que j’ai même retrouvé, le temps d’un voyage, la route des Récitals violon piano avec Marie Cantagrill en 2015, avec une belle série de concerts au Japon. Un moment unique à ajouter à tous mes merveilleux souvenirs musicaux.

Et j’attends avec impatience tout ce qui m’attend encore !  

Le retour en France

Paris  |  Boulogne-Billancourt  | Diplôme d’Etat

J’avais à peine 20 ans et je pensais que mon avenir se passerait désormais exclusivement à l’étranger…J’y étais heureuse et je me voyais déjà soit rester vivre en Finlande, soit rentrer vivre en Allemagne où tant de choses et de gens m’attendaient encore. Mais une fois de plus, il semble que le destin ait eu d’autres plans pour moi.  Cette fois c’est le décès de mon père qui changera tout. Un jour, un message sur le répondeur…puis un appel...une nouvelle…un choc inexplicable qui d’un jour à l’autre bouleverse votre vie. Mon père était encore jeune et n'avait jamais été malade, aussi rien ne pouvait me laisser penser que cela pouvait arriver. Et pourtant...La vie tient à bien peu de choses, je l'ai compris ce jour-là.

Ma mère avait besoin de moi. Elle ne pouvait plus faire face à tout toute seule, le magasin ne pouvait être gardé plus longtemps dans ces conditions...la situation devenait plus compliquée dans bien des domaines au-delà de la douleur inexprimable qui nous touchait…Perdre quelqu'un c'est toujours terrible, loin de moi l'idée de "mesurer" la peine ressentie, c'est toujours un moment abominable quelque soit la situation. En ce qui me concerne, je n'y étais pas du tout préparée du haut de mes 18 ans et en étant si loin loin...j'habitais à l'étranger depuis si longtemps, je ne voyais ma famille qu'à l'occasion de longues vacances, pas vraiment par choix mais à cause d'impératifs divers et par nécessité...Enfin j'avais l'impression d'être en quelque sorte fautive, une partie de moi se disait que ma présence aurait peut-être changé quelque chose...Ridicule bien entendu...mais c'était plus fort que moi. "Si seulement j'avais été là, au moins pour accompagner ses derniers jours...pour partager plus de choses avec lui..." Les "si seulement" terribles et si trompeurs... J'oubliais que mon père, lui même, souhaitait me voir continuer mes études à l'étranger, et qu'il me disait constamment être fier de ce que je faisais. Mais comment se résonner dans ces moments là. La peine fait perdre la clarté de vision de bien des manières. Mais ma peine n'était pas la seule chose à gérer. Il me fallait maintenant rentrer en France pour être près de ma famille, pour simplifier les choses. Tout quitter à nouveau…mais là, pour une raison si triste. Ce fut une période pénible et profondément triste pour moi. Heureusement la musique et le piano étaient là…car finalement c’est grâce à cela que je pense j’ai passé cette étape sans perdre plus pieds. La musique, le piano, la composition étaient les seuls éléments stables et fixes de ma vie…les seules choses que je n’avais jamais perdues ou auxquelles je n’avais jamais dû renoncer. Et surtout toute cette douleur, je ne savais pas comment l’exprimer autrement qu'en musique...ni rien ni personne ne pouvait vraiment aider… Mais au piano, là je pouvais m’exprimer.  Mon meilleur confident…mon piano. Je lui dois beaucoup. Et puis la rigueur, la nécessité de travailler, de s’accrocher pour assurer les objectifs fixés, pour assurer les engagements pris m’ont permis de garder les pieds et la tête sur terre malgré la tristesse.

J’avais quitté l’Allemagne, maintenant la Finlande…mes amis…mon univers…Tout était à recommencer à nouveau. Cette fois ce serait dans mon pays, pays que j’avais quitté si jeune… m’y retrouverais-je bien ? Je n’en avais aucune certitude. Mais je n’avais aussi que peu de choix… Je ne me voyais pas rentrer sur la Côte d’Azur juste à ce moment présent, je finis donc par aller vivre à Paris pour poursuivre mon chemin musical ; Paris ville cosmopolite, ville lumière, ville de cœur où j'ai passé plus de 18 ans.

Paris, Boulogne-Billancourt, Rueil-Malmaison...c'est là que je passais mes Prix en Piano, Musique de Chambre, Culture Musicale…puisqu'il me fallait maintenant également des Diplômes français. C'est là que j'ai eu la chance de travailler avec des pédagogues français absolument formidables comme : Isabelle Dubuis, Professeur Assistante au CNSM de Paris, pianiste et professeur passionnée et passionnante. Son enseignement riche et bienveillant m'ont beaucoup aidé pendant cette période de deuil si difficile. Elle me redonnait motivation et envie. Grâce à elle, tous les problèmes techniques et tous les soucis d'apprentissage semblaient, d'un coup d'un seul, trouver une solution plus rapide et tellement plus évidente. Avec elle, je "découvrais" la partition comme jamais je ne l'avais fait avant. Je découvrais aussi la pédagogie, car elle est une grande pédagogue. C'est aussi Isabelle qui m'a ensuite permis de rencontrer et de pouvoir travailler avec l'excellente pianiste et professeur Marie-Paule Siruguet à Boulogne-Billancourt.  Une artiste si complète mais aussi si demandée et réputée que d'être acceptée ainsi dans sa classe, peu de temps après mon arrivée, me redonna confiance et fut une grande joie. En cours, Marie-Paule était impressionnante. Plus que pianiste, elle m'a toujours semblé être une musicienne au savoir sans limite qui semblait tout maîtriser du langage musical, de l'écriture des pièces, du schéma harmonique ... Avec elle, j'ai pu approfondir d'une nouvelle manière mon approche musicale, ma connaissance et ma compréhension des œuvres du répertoire.

A la même période, j'ai eu aussi l'immense bonheur de pouvoir bénéficier des cours du grand concertiste et pédagogue Pascal Devoyon, qui me suivait alors en France et à Berlin. L'écouter jouer, observer ses gestes, écouter et comprendre sa vision musicale, son "discours", comprendre sa maîtrise de la respiration, du souffle, du son...quel enseignement ce fut pour moi. 

Un retour en France et des premières années à Paris qui représentent donc une période difficile sur bien des points pour moi mais aussi et surtout un nouveau départ ainsi que des années pleines de nouveautés et de richesses musicales.

Pour compléter tout cela, je me décidai peu après à suivre la formation Diplômante au Cefedem d’Ile-de-France à Rueil-Malmaison où j'ai obtenu mon Diplôme d’Etat de Professeur de piano deux ans plus tard. Deux années très riches là aussi : riches en cours, en travail et en expériences.

Je finissais en parallèle mon tutorat auprès de Geneviève Ibanez à Boulogne-Billancourt (professeur et pianiste au grand coeur que je ne remercierai jamais assez pour son soutien et sa gentillesse) et mon perfectionnement auprès de Paul-André Gaye, dont le soucis du détail sur la partition, l'approche du geste et son rapport avec l'écriture musicale...m'ont permis de découvrir et considérer encore une nouvelle approche musicale et technique de mon instrument.

C'est ainsi que je terminai enfin mes études musicales et que je me lançai véritablement dans une nouvelle et immense aventure musicale,…la pédagogie et l’enseignement ! Mais ça, ce sera pour un autre chapitre ! 😉

Collaboration avec Marie Cantagrill |  Tournées | Albums

Ce retour en France et les années qui ont suivi m’ont aussi permis de véritablement approfondir une autre de mes passions…celle pour la musique de chambre ! C’est d’ailleurs aussi à Paris qu’une nouvelle page de ma carrière musicale se tourne avec une rencontre primordiale, celle avec la violoniste Marie Cantagrill.  J’avais jusque-là principalement joué en concerts et récitals en soliste, mais mes expériences passées en musique de chambre m’avaient tant enthousiasmé que je n’avais aujourd’hui plus qu’une envie, en découvrir plus sur ce répertoire exceptionnel. Partager la musique, vivre la polyphonie pas seulement au piano mais aussi à travers le jeu de timbres d’autres instruments…cela me faisait rêver ; l’envie de développer des projets de musique de chambre ne me lâchait plus. J’ai eu alors la chance de pouvoir dès mon retour à Paris trouver en Marie la partenaire idéale et de pouvoir enfin  approfondir ce travail. Choisies toutes les deux pour jouer ensemble en trio en classe de musique de chambre et nous entendant particulièrement bien musicalement, nous avons décidé, après avoir obtenu nos Prix ensemble, de poursuivre l’aventure musicale ensemble également sur scène… Commencent alors des années de nouveaux concerts, en duo cette fois, des années de tournées à travers la France, l’Allemagne, la Belgique, puis même au Japon il y a à peine deux ans.

De nombreux projets communs ont vu le jour depuis cette rencontre, et surtout  deux albums sont venus sceller à jamais notre duo musical, tous deux unanimement salués par la critique (The Strad Magazine au Royaume-Uni,  Le Monde de la Musique, Classica Répertoire, Le Journal de la Confédération Musicale de France, Alain Duault sur RTL et bien d’autres encore…) et par le public. Une belle aventure musicale donc mais aussi une belle rencontre artistique et amicale qui m’ont amenée par la suite à même élargir mes activités  en devenant directrice artistique sur plusieurs albums enregistrés par le Label ABP Musique Classique ainsi que A&R et Chargée en communication de l’Orchestre de Chambre d’Ariège dirigé par Marie Cantagrill. C’est aussi ainsi qu’en 2013 je participais aussi à la création de plusieurs événements culturels importants dans la région Midi-Pyrénées, aux côtés de Marie Cantagrill et de l’Association Musique et Partage en Couserans, dont celle du « Concours International de Violon Marie Cantagrill » pour lequel j’ai également été la pianiste accompagnatrice officielle pendant quatre ans. Une fierté et un grand moment que celui d’aider à ouvrir à mon tour une porte pour la nouvelle génération de musiciens.

Enseignement | Pédagogie | Accompagnement

C’est en 2002 que j’ai obtenu mon Diplôme d’Etat de Professeur de Piano, à la suite de la formation de deux ans au Cefedem d’Ile-de-France à Rueil Malmaison. Ces deux ans de cours, de tutorat, de matières variées ont été deux années intenses de par l’emploi du temps extrêmement chargé que nous avions à suivre mais aussi de par la richesse et la diversité des acquis pédagogiques avec lesquels nous sommes ressortis. J’avais déjà enseigné avant. En fait, j’ai commencé à enseigner en 1999, quelques mois après mon retour en France. Et là aussi tout a commencé un peu par hasard, je remplaçais quelqu’un à l’école de musique de Saint-Witz en région parisienne et ai ensuite accepté le poste. Ce fut d’ailleurs mon tout premier poste en tant de professeur de piano.  Je n’avais jusqu’ici jamais vraiment songé à l’enseignement, mais il faut dire que les dernières années que j’avais passées à l’étranger ainsi que mon passé en France me destinait toujours et seulement à jouer et à faire des concerts.  Mais avec la mort de mon père et mon retour en France, tout avait changé dans ma façon de voir les choses. Le fait de l’avoir perdu si brusquement, sans que nous en ayons eu même un signe avant-coureur, d’avoir eu à changer une fois de plus (et peut-être au moment, une fois de trop) de vie, d’environnement, d’amis, de monde….et d’avoir eu alors la sensation douloureuse d’avoir tant perdu en l’espace de quelques mois a commencé à me faire voir la vie d’une autre manière. Plus sombre assurément…mais peut-être aussi plus réaliste. Je me disais en tout cas qu’il me fallait peut-être maintenant m’assurer la sécurité avant tout. C’est pourquoi, en parallèle du reste, j’avais accepté ce poste et aussi, très peu de temps après, je me suis mise en tête de passer mon Diplôme d’Etat. 

Je me rappelle du premier cours que j’ai donné. Là encore tout était si nouveau. Je ne savais pas vraiment si je saurais faire. Bien sûr je connaissais déjà beaucoup de choses et puis, j’avais eu beaucoup de professeurs et donc de modèles…mais mes professeurs n’avaient jamais donné de cours à des tout débutants devant moi. Et les cours de technique et d’interprétation n’étaient donc pas un modèle très utiles pour mes débuts avec des enfants. Et puis assister à un cours, c’est une chose…mais se retrouver dans la situation, avec un petit enfant qui lui ne savait rien et ne demandait qu’à me croire…à ça je n’étais pas préparée et je me rappelle avoir été nerveuse comme rarement je l’avais été auparavant. Un ami à moi, que j’avais rencontré en Finlande et qui était devenu professeur au Conservatoire de Rueil (que le monde est petit), m’avait invité un jour à assister à son cours. Ce fut un exemple rassurant pour moi, car il avait alors aussi un jeune enfant en cours, et cela m’a donc permis de mesurer un peu ce qu’il était nécessaire d’apprendre à cet âge-là…Cela m’a en tout cas donné du courage pour mes vrais débuts. Et puis une fois le jour J arrivé, je me retrouvais face à ces enfants…tous si différents...mais qui ne demandaient qu’à apprendre…tout s’est alors débloqué. Bien sûr, j’ai mis encore du temps à ajuster mes cours, mes approches…et puis dans l’enseignement, on ne fait que ça finalement. Encore aujourd’hui je cherche, je me pose des questions, j’essaie d’adapter mon discours, mon enseignement à chaque élève.  C’est la beauté de ce métier. Arriver à ouvrir des portes à tous et chacun, avec parfois des outils bien différents, pour arriver à un but commun, la maîtrise de l’instrument, la connaissance de la musique, la compréhension de la partition, l’interprétation la plus juste et …par conséquent le plaisir de jouer.  Mais mis à part une progression normale dans mes méthodes d’enseignement, ce qui m’a alors marqué dès mes débuts…c’était que finalement, je me sentais comme un poisson dans l’eau. A l’aise avec les enfants, et plus surprenant pour moi, car je ne m’y attendais pas, je trouvais facilement les problèmes et comment les résoudre…avec encore une fois une adaptation constante à l’élève que j’avais devant moi. Cette aisance très agréable m’a bien sûr donné confiance et surtout envie d’approfondir, d’aller plus loin. Que dire du regard illuminé d’un enfant (ou d’un adulte d’ailleurs) qui arrive enfin à comprendre, à maîtriser, à jouer…C’est quelque chose de tellement unique et beau. Je ne peux me lasser de cela, de l’envie de les aider le mieux que je peux à vivre cela… d’essayer tout au moins. Quant à la recherche sur les méthodes d’apprentissage à utiliser, et la quête du bon « diagnostic » puis du bon « remède », la découverte de la phrase, de l’angle d’approche qui peut tout éclairer pour eux… ce sont des moments incroyables qui m’ont aussi rapidement donné envie de m’y consacrer plus. Dans une salle de cours, je me suis toujours sentie chez moi. L’enseignement ou plutôt la pédagogie est même devenue une passion. Attention, ne croyez pas que cela est simple car bien au contraire, rien dans l’enseignement n’est simple ; tout est mouvant, tout peut nécessiter une remise en question constante,…et puis « l’autre » n’est pas simple non plus à gérer ; jeunes ou moins jeunes, l’interaction avec d’autres êtres qui ne pensent et réfléchissent pas forcément comme vous, qui n’ont ni les mêmes blocages ni les mêmes facilités parfois, qui peuvent parfois comprendre mais ne pas arriver à faire, ou qui comprennent d’une autre façon, ... toutes ces psychologies si différentes, tous ces vécus et ces « bagages » si différents…enfin tout ce qui fait que nous sommes tous des êtres bien différents les uns des autres, dotés de tant de richesses intérieures mais aussi avec parfois des problèmes de communication…tout cela fait partie de l’enseignement et tout cela rend la tâche très dure pour un professeur. Mais c’est aussi ce défi, ce beau projet humain et culturel qui rend ce métier si exceptionnel.

Je l’ai compris rapidement et je n’ai plus jamais arrêté d’enseigner depuis. Vient alors mon premier gros poste à l’école de musique de Provins, où là j’étais en charge de ma première classe complète. A Provins l’ambiance était en plus très agréable. Je m’entendais bien très bien avec ma collègue et professeur de violon, parfaitement avec la responsable avec qui j’avais des relations très amicales, et je devais également amie avec la prof de chant dont j’accompagnais la classe au piano.  C’était un peu comme une grande famille et les années passées là-bas m’ont permis d’approfondir dans de très bonnes conditions mes recherches sur l’enseignement. Beaucoup de projets, de stages…une vie musicale et pédagogique riche qui me laisse encore aujourd’hui de très bons souvenirs.

En 2002, je commençais alors une série de plusieurs années de concerts et tournées avec la violoniste Marie Cantagrill, nous avons aussi enregistré deux albums (2002 et 2005) ensemble, aussi mes journées, mes semaines étaient très chargées.  Après Provins,  j'acceptais alors un poste au Centre Chopin à Paris et Boulogne-Billancourt...puis à l’ENM de l’Haÿ-les-Roses en région parisienne, où je me retrouvais en charge de tous les accompagnements de l’école, ainsi que plus brièvement au Conservatoire de Suresnes. Mes emplois du temps devenaient difficiles à gérer, les concerts redoublant à la même époque. J’ai poursuivi en acceptant un poste à l’Institut de Culture Musical à Paris, poste qui m’offrait plus de souplesse dans l’organisation de mon emploi du temps et donc plus de possibilités d’adaptation à ma vie de concertiste. 

Suite à une maladie grave ma partenaire a dû ensuite faire une pause, et j’ai de mon côté, repris de plus belle l’enseignement, jusqu’à m’y dévouer entièrement pendant plusieurs années. Mon amour de la pédagogie s’est encore développé, et a évolué vers une recherche pédagogique sur l’apprentissage du solfège, de l’histoire de la musique et de la culture musicale. Beaucoup de projets en sont nés. Beaucoup de projets qui me passionnent encore aujourd’hui et sur lesquels je travaille toujours. J’ai d’ailleurs lancé des stages musicaux sous formats ludiques et complets centrés sur la formation musicale ainsi que des ateliers adaptables à tous niveaux et tous besoins.

Mes autres engagements professionnels m’ayant ensuite conduite, en 2013 à venir m’installer à Toulouse, j’ai alors poursuivi mes projets ici. J’enseigne depuis en parallèle à l’Académie de Piano du Busca où j’ai une belle classe, des élèves impliqués et surtout un environnement très agréable pour poursuivre ma passion pour l’enseignement.

Mais comme toujours j’ai encore beaucoup de choses, beaucoup d’idées et de projets à réaliser…c’est pourquoi je veux aller encore plus loin en alliant deux passions, celle pour l’enseignement et celle pour la composition. C’est de là que m’est venue l’idée de créer une méthode de piano pour les petits, et de composer pour celle-ci. C’est aussi de là que vient l’idée de créer des jeux et des outils pédagogiques ludiques pour donner d’autres moyens à mes élèves et à tous ceux qui le souhaitent de progresser encore plus et de manière encore plus passionnante.  De beaux projets qui ont bien sûr besoin du temps pour être concrétisés et finalisés mais de beaux projets qui sont maintenant enfin lancés … quel plaisir et quel nouveau défi enthousiasmant !

Alors si vous aussi vous êtes passionnés par l’enseignement, ou si vous êtes élève et cherchez à apprendre d’une autre manière, restez connectés à mon site, vous y trouverez les dernières nouvelles et informations sur mes projets, au fur et à mesure qu’ils avanceront. 

0